Accroché à un promontoire au-dessus d'un méandre du Lot, Montbrun regarde en face une falaise qui porte un drôle de nom : le Saut de la Mounine. Entre les deux, huit siècles d'histoire, une famille cathare dépossédée et deux châteaux en ruine.
Montbrun se trouve dans la vallée du Lot, en amont de Cajarc, à la limite du causse. Le village s'étage sur un promontoire rocheux, au pied de falaises abruptes, face au Saut de la Mounine. Son nom viendrait du latin montem, la hauteur, et de « brun », la couleur que donne au rocher le minerai de fer.
Le plateau qui l'entoure est occupé depuis la préhistoire : le dolmen des Aguals, inscrit monument historique en 2001, et les dolmens de la Combe de l'Ours en témoignent.
Au XIIIe siècle, le Quercy est l'une des terres où le catharisme s'est diffusé, et l'une de celles où la croisade contre les Albigeois et l'Inquisition l'ont poursuivi. À Montbrun, le lieu-dit Montbrun-le-Vieux était le siège d'une famille du même nom, qui avait embrassé la foi cathare.
La sanction est celle qui frappe les familles hérétiques : la confiscation. Au XIIIe siècle, le fief des Montbrun est saisi par le roi de France, réuni à celui de Roqueville, puis donné à l'évêque de Toulouse. C'est la trace, discrète mais réelle, que le catharisme a laissée sur ce bout de vallée.
Le château fort, attesté comme place importante au XIIIe siècle, surplombe le méandre du Lot. Il appartient d'abord à l'un des frères du pape Jean XXII (Jacques Duèze, né à Cahors, pape de 1316 à 1334). Il passe ensuite à la puissante famille de Cardaillac, l'une des grandes maisons du Quercy.
Il n'en reste aujourd'hui que le donjon et deux enceintes, dont la première garde une tour ronde. Entre les deux, des terrasses ont été aménagées en jardins. Le château, ruiné et privé, ne se visite pas, mais il est classé monument historique depuis 1984.
Vers 1560, Jean-Baptiste de Senaux, membre du Parlement de Toulouse, fait bâtir un château moderne en brique. Confisqué en 1794 pendant la Révolution, il change plusieurs fois de mains, puis il est abandonné. Depuis une cinquantaine d'années, il est livré au pillage.
Comme ailleurs dans la vallée, le XIXe siècle vide le village. Montbrun compte 443 habitants en 1831, encore 309 au début du XXe siècle, et 111 en 2022. Il en gagne pourtant de nouveau : +18 % entre 2016 et 2022.
En face de Montbrun, de l'autre côté du Lot, une falaise porte le nom de Saut de la Mounine, le « saut de la guenon ». La légende, racontée de différentes façons, se passe entre les deux rives.
Le seigneur de Montbrun avait une fille, éprise du fils d'un seigneur rival. Le père jura qu'il préférerait la voir morte plutôt que mariée à ce garçon. Désespérée, la jeune fille demanda l'aide d'un ermite installé dans une grotte de l'autre rive, qui vivait avec une petite guenon.
L'ermite eut une idée. Un jour où le seigneur chassait, il habilla la guenon de la robe de la jeune fille et la précipita du haut de la falaise. Le père, voyant tomber la robe, crut sa fille morte et fut accablé de remords. Quand l'ermite lui révéla la ruse, soulagé, il bénit l'union des amoureux, qui se marièrent au château de Montbrun.
On dit que, les nuits de vent d'autan, le fantôme de la mounine erre encore dans la vallée. Le site, d'où la vue sur Montbrun et le méandre du Lot est l'une des plus belles de la vallée, est protégé depuis 1975.
Montbrun doit sans doute son nom à la couleur brune que le minerai de fer donne aux rochers qui portent le village.
Le château a d'abord appartenu à un frère du pape Jean XXII, Jacques Duèze, né à Cahors, l'un des papes d'Avignon.
Le château de brique bâti vers 1560 par un parlementaire toulousain est abandonné et pillé depuis une cinquantaine d'années.
La commune est dans la vallée du Lot, berceau du vignoble de Cahors.